Le taiji, une porte déjà ouverte sur le Tao
11/08/26 21:11
Après le stage de taoïsme de ces derniers jours, une pensée m'accompagne encore : beaucoup d'entre vous pratiquent le taiji quan depuis des mois, parfois des années, sans avoir jamais ouvert un livre de philosophie taoïste. Et pourtant, sur le tapis, dans le silence du mouvement, vous êtes déjà en plein dedans.
On ne pratique pas pour devenir taoïste
C'est peut-être la première chose à comprendre : le taiji quan n'est pas un exercice physique auquel on ajouterait, en option, une couche de philosophie chinoise. Il est philosophie taoïste en mouvement, depuis le premier pas. Quand vous transférez votre poids d'une jambe à l'autre, quand vous laissez le geste naître du dantiem plutôt que de le forcer avec les épaules, vous n'illustrez pas une idée abstraite, vous êtes cette idée, en train de se vivre dans votre corps.

Yin et Yang, dans les jambes avant d'être dans les livres
Le symbole du taiji, ce cercle noir et blanc que tout le monde connaît, n'est pas un logo décoratif. C'est littéralement une description de ce que vous faites à chaque enchaînement : plein et vide qui s'échangent sans cesse, une jambe qui porte pendant que l'autre se libère, une main qui avance pendant que l'autre se retire. Le Yin ne s'oppose jamais vraiment au Yang ; il le prépare, il le nourrit, il devient lui. C'est une leçon que le corps comprend souvent bien avant l'esprit.
Le Wu Wei n'est pas de la paresse
Un des concepts les plus mal compris du taoïsme est le Wu Wei, le "non-agir". On l'imagine parfois comme une forme de passivité. C'est l'inverse : c'est l'art de faire exactement ce qu'il faut, sans excès, sans résistance inutile, en épousant le mouvement naturel des choses plutôt qu'en luttant contre lui. Quand un pratiquant expérimenté exécute une forme et que cela semble "couler", sans effort visible, c'est le Wu Wei à l'œuvre. Ce n'est pas qu'il ne fait rien, c'est qu'il ne fait rien de trop.
Le Tao ne se pense pas, il se marche
Lao Tseu ouvre le Tao Te King en prévenant que le Tao qu'on peut nommer n'est pas le Tao véritable. Une phrase qui déroute beaucoup de lecteurs et qui prend tout son sens dès qu'on cesse de chercher à la comprendre pour se contenter de la pratiquer. Le taiji offre exactement ce chemin : pas besoin de saisir intellectuellement le Tao pour le rencontrer. Il suffit de pratiquer, encore et encore, jusqu'à ce que le corps sache ce que l'esprit peine encore à formuler.
Ce que cela change, concrètement
Rien, et tout. Vous pouvez continuer à pratiquer exactement comme avant. Mais peut-être que la prochaine fois que vous sentirez ce moment où le mouvement se fait presque tout seul, où le souffle et le geste s'accordent sans que vous ayez besoin d'y penser, peut-être reconnaîtrez-vous ce moment pour ce qu'il est vraiment : un instant de Tao, vécu, pas seulement lu.
Serge Gillette dit souvent que la théorie vient éclairer ce que le corps a déjà compris. C'est exactement cela.
On ne pratique pas pour devenir taoïste
C'est peut-être la première chose à comprendre : le taiji quan n'est pas un exercice physique auquel on ajouterait, en option, une couche de philosophie chinoise. Il est philosophie taoïste en mouvement, depuis le premier pas. Quand vous transférez votre poids d'une jambe à l'autre, quand vous laissez le geste naître du dantiem plutôt que de le forcer avec les épaules, vous n'illustrez pas une idée abstraite, vous êtes cette idée, en train de se vivre dans votre corps.

Yin et Yang, dans les jambes avant d'être dans les livres
Le symbole du taiji, ce cercle noir et blanc que tout le monde connaît, n'est pas un logo décoratif. C'est littéralement une description de ce que vous faites à chaque enchaînement : plein et vide qui s'échangent sans cesse, une jambe qui porte pendant que l'autre se libère, une main qui avance pendant que l'autre se retire. Le Yin ne s'oppose jamais vraiment au Yang ; il le prépare, il le nourrit, il devient lui. C'est une leçon que le corps comprend souvent bien avant l'esprit.
Le Wu Wei n'est pas de la paresse
Un des concepts les plus mal compris du taoïsme est le Wu Wei, le "non-agir". On l'imagine parfois comme une forme de passivité. C'est l'inverse : c'est l'art de faire exactement ce qu'il faut, sans excès, sans résistance inutile, en épousant le mouvement naturel des choses plutôt qu'en luttant contre lui. Quand un pratiquant expérimenté exécute une forme et que cela semble "couler", sans effort visible, c'est le Wu Wei à l'œuvre. Ce n'est pas qu'il ne fait rien, c'est qu'il ne fait rien de trop.
Le Tao ne se pense pas, il se marche
Lao Tseu ouvre le Tao Te King en prévenant que le Tao qu'on peut nommer n'est pas le Tao véritable. Une phrase qui déroute beaucoup de lecteurs et qui prend tout son sens dès qu'on cesse de chercher à la comprendre pour se contenter de la pratiquer. Le taiji offre exactement ce chemin : pas besoin de saisir intellectuellement le Tao pour le rencontrer. Il suffit de pratiquer, encore et encore, jusqu'à ce que le corps sache ce que l'esprit peine encore à formuler.
Ce que cela change, concrètement
Rien, et tout. Vous pouvez continuer à pratiquer exactement comme avant. Mais peut-être que la prochaine fois que vous sentirez ce moment où le mouvement se fait presque tout seul, où le souffle et le geste s'accordent sans que vous ayez besoin d'y penser, peut-être reconnaîtrez-vous ce moment pour ce qu'il est vraiment : un instant de Tao, vécu, pas seulement lu.
Serge Gillette dit souvent que la théorie vient éclairer ce que le corps a déjà compris. C'est exactement cela.
